Et si vous affrontiez vos peurs au lieu de vous fixer des objectifs ?

0 Shares Facebook LinkedIn Email Plus La peur est une émotion que j’ai observée régulièrement chez les jeunes femmes qui m’entourent en 15 ans à diriger madmoiZelle : dépasser sa peur, la peur de l’autre, la peur de l’abandon, la peur d’être jugée, près de 240 articles au total sont répertoriés sous le mot-clé “peur” […]

La peur est une émotion que j’ai observée régulièrement chez les jeunes femmes qui m’entourent en 15 ans à diriger madmoiZelle : dépasser sa peur, la peur de l’autre, la peur de l’abandon, la peur d’être jugée, près de 240 articles au total sont répertoriés sous le mot-clé “peur” sur madmoiZelle

Entendons-nous bien : je ne vous raconte pas cette histoire pour juger et rajouter une couche de culpabilité. À force de discuter, de questionner, de débattre avec ces mêmes personnes, que je trouve brillantes par tellement d’aspects, j’ai fini par piger d’où leur venait cette peur (spoiler alerte : souvent, les parents éduquent les filles à la peur, en tout cas plus que les garçons).

Comment faire pour dépasser la peur ?

Mais à chaque fois que ce constat est posé, je leur dis : maintenant que tu en as conscience, comment tu fais pour dépasser cette peur ?

J’ai découvert il y a quelques années cette conférence TED de Tim Ferriss, qui m’a depuis beaucoup aidé à prendre des décisions compliquées. Il suggère de déterminer ses peurs plutôt que de se fixer des objectifs. Ça dure 12 minutes et c’est vraiment du temps bien investi (vous pouvez mettre les sous-titres en français dans les options de la vidéo, la petite roulette en bas à droite). 

Il y explique notamment qu’il a découvert à travers le stoïcisme une philosophie qui a apaisé ses troubles mentaux au début de sa vie d’adulte. Il cite notamment cette phrase de Sénèque qui a changé sa vision des choses :

« Nous souffrons plus souvent de l’imagination que de la réalité ».

Il y explique ensuite que Sénèque suggère de faire un exercice qu’il intitule Premeditatio Malorum (“Préméditation des fléaux”). Il consiste à visualiser pour chaque peur les pires scénarios, en tout cas ceux qui paralysent ton action.

Il propose, pour chaque peur, de réaliser ce travail sur 3 pages distinctes :

Page 1 : définir, prévenir, réparer tes peurs

Sur la première page, crée un tableau de 3 colonnes, avec en intitulé “Qu’est-ce qui se passerait si je… ?” — prenons un exemple simple : “qu’est-ce qui se passerait si je quittais ce job dans lequel je suis triste chaque matin ?”

Sur la première colonne, il faut définir avec le plus de détails possible ce qui pourrait arriver de pire si on se décidait à rentrer en action. Avec le plus de détails possible, parce que ça incite à creuser dans la peur et à les affronter par la même occasion,. Surtout, n’hésitez pas à détailler le plus possible. Plus vous “creusez” au fin fond de vos peurs, plus vous avez de chances de finir par l’exorciser.

Pour cet exemple, les peurs pourraient être « me retrouver au chômage », « ne pas retrouver de travail ensuite », « ne pas arriver à payer mon crédit immobilier », « devoir changer de collègues alors que j’adore ceux-ci »…

Sur la deuxième colonne, liste par rapport à chaque peur une possibilité de la “prévenir” : qu’est-ce que vous pouvez mettre en place pour éviter que cette situation n’arrive ?

Pour cet exemple, ça pourrait être « me mettre en action de faire des recherches sur Pôle Emploi » ou encore « passer de suite à la phase rechercher un job / remettre à jour mon CV / mon compte LinkedIn », pour le crédit « vérifier auprès de mes parents s’ils peuvent m’assurer un prêt relais sur quelques mois », quant aux collègues pourquoi pas « créer un groupe WhatsApp ou prévoir un repas tous les 2 mois avec mes anciens collègues » ?

Enfin sur la troisième colonne, trouvez un moyen de “réparer” et de gérer les préjudices si jamais la situation initiale se produit. À qui pouvez-vous demander de l’aide ?

Pour cet exemple, ça pourrait être « finir par prendre un job alimentaire si je n’y arrive pas du tout » – en gros, vous avez des ressources, pour le prêt « mes parents peuvent-ils finir par me donner cet argent si jamais je ne m’en sors pas ? » ou encore « prendre le temps d’entretenir le lien avec eux même s’il se distend » pour les collègues.

Tim Ferriss y explique qu’avec son monkey mind – son cerveau qui n’arrête pas de réfléchir en boucle, c’est une excellente méthode pour mettre à plat les différents obstacles qu’il se crée quand une décision compliquée survient.

Page 2, lister les bénéfices du mouvement

Sur la deuxième page, Tim Ferriss propose de lister, avec le plus d’exhaustivité possible, les “bénéfices d’une tentative ou d’un succès partiel” — vous noterez les grandes pincettes qu’il prend, il ne mentionne qu’un “succès partiel”.

Notez qu’il incite à être très prudent dans l’approche du succès (“succès partiel”), qui vous amène à mesurer les bénéfices a minima. À part ce détail – qui a son importance, l’objectif de cette liste est évident, je vous invite donc à passer à la troisième page.

Pour illustrer notre exemple, ça pourrait aller de « prendre du temps pour faire un bilan perso et professionnel » jusqu’à « retrouver de l’énergie en me levant chaque matin pour un travail qui m’intéresse », en passant par « en profiter pour tenter de trouver un job mieux payé / où je ferais moins de trajets journaliers », etc.

Page 3, évaluer le coût de l’inaction

Pour paraphraser Ferriss, on a tendance à voir ce qu’on pourrait perdre à changer, mais on réfléchit très rarement au coût parfois faramineux du statu quo.

Aussi, il propose sur la troisième page de lister de façon très précise ce que peut engendrer l’inaction et le fait de ne pas se mettre en action. À la fois émotionnellement, physiquement et financièrement, à 6 mois, 1 an et 3 ans.

Pour notre exemple, ça pourrait être un moral en berne, qui pourrait finir par causer des soucis de couple, voire de santé. Votre moitié pourrait ne plus supporter de vous voir dans cet état et dans la peur de bouger. Vous pourriez garder un salaire certes assuré mais qui n’évoluera pas ou peu, qui entraînerait à 3 ans le blocage d’un éventuel investissement immobilier ou de faire un enfant…

La liste peut être très longue et surtout, je trouve que cette perspective est très rafraîchissante, parce qu’effectivement, on a tendance à la prendre très peu en compte.

Ferriss annonce qu’il le fait une fois par trimestre, de son côté, et dès qu’il a une décision compliquée à prendre.

Si vous souhaitez télécharger un modèle pour faire vous-même cet exercice, vous pouvez cliquer ici.

Enfin, il cite Jerzy Gregorek, 4 fois champion olympique d’haltérophilie, qu’il considère être son mentor. Il lui a demandé comment il avait tranché devant ses choix, et avait reçu comme réponse de la part du sexagénaire :

Easy choices, hard life.
Hard choices, easy life.

Et vous, vous avez des outils ou des méthodes pour prendre des décisions compliquées ou affronter vos peurs ?

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Qui interviewe ?
Fabrice FLORENT

Hôte du podcast Histoires de Succès, mais accessoirement fondateur des magazines madmoiZelle, Rockie et du podcast Histoires de Darons. J'aime faire parler les gens.

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